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01/12/2010 - Témoignages

Licence pro. banque : Jean-Marc Figuet, responsable licence professionnelle & DU Passerelle

Témoignage de Jean-Marc Figuet , Responsable licence professionnelle & DU Passerelle,  extrait de Passerelles,  la lettre n° 15  - décembre 2010.

D’où viennent les jeunes inscrits en licence pro banque ?

C’est variable : BTS, IUT, L2… À Bordeaux, nous avons reçu 500 candidatures pour 40 postes. C’est une formation très sélective : le secteur est recherché par les jeunes qui sont bien conscients que cette licence en alternance leur offre l’insertion dans le monde du travail. Les opportunités sont de taille sur tous types de métiers, y compris RH et Communication d’ailleurs. Vu la pyramide des âges dans les banques, les besoins vont encore augmenter jusqu’en 2015 au moins.

Quels sont les critères de recrutement ?

Les universitaires s’attachent aux critères de réussite universitaire et de qualité des dossiers. Nous en retenons environ 150 que nous transmettons aux banques pour qu’elles fassent leur choix.

Les banquiers, eux, sont attentifs à des critères professionnels liés aux capacités commerciales : les candidats sont-ils capables d’écouter, de vendre ? Avez-vous des chiffres ?

Selon nos statistiques, entre 2000 et 2010, 90 % de nos diplômés travaillent dans des établissements bancaires.

Et les résultats aux examens ?

Très bons. Il faut dire que nous faisons beaucoup de contrôles continus ; en outre, le taux d’encadrement est très élevé : chaque jeune a un tuteur universitaire et nous planifions des rendez-vous réguliers pour faire le point. En mars, nous organisons un bilan pédagogique complet prenant appui sur les résultats du 1er semestre, cela pendant un jour ou deux, avec un représentant du CFPB, un universitaire, le tuteur bancaire et le jeune. La rencontre porte à la fois sur les études et sur le travail en agence.

Refusent-ils parfois l’emploi pour poursuivre leurs études ?

Il arrive en effet que certains souhaitent poursuivre au-delà de la licence qu’ils ont considérée comme une porte d’entrée, notamment quand ils sont passés par un cycle court comme le BTS. Je le leur déconseille vivement parce que nous constatons que c’est généralement un échec. En effet, la licence pro est façonnée pour une insertion sur le marché du travail. Elle offre des cours de culture générale plus que des cours réellement théoriques. Du coup, en master, les étudiants sont désarçonnés par la nature des cours et leur intensité.

À quel métier la licence les prépare t- elle ?

Conseiller clientèle moyenne gamme. Ensuite, certains deviennent conseillers de professionnels ou d’entreprises. C’est aussi pour cela que je les dissuade de poursuivre en master : s’il y a un secteur qui propose à ses collaborateurs de la formation pour évoluer, c’est bien la banque !

Pouvez-vous nous parler du DU Passerelle ?

On offre à des étudiants de M1 ou de M2 un package pour postuler en M2 Métiers de la banque en alternance. C’est pour eux un moyen de se réorienter sans nier ce qu’ils ont fait préalablement. Dans le package, il y a des cours d’économie, finance et droit dispensés par l’université, des modules animés par le CFPB sur la connaissance de l’environnement bancaire et de ses métiers, enfin un stage d’un mois pour confirmer ou non la réorientation. C’est aussi pour les banquiers un moyen de diversifier leur base de recrutement : des diplômés de lettres peuvent avoir de meilleures qualités rédactionnelles, des élèves ingénieurs peuvent faire de bons conseillers pour des clients du secteur d’activité où ils ont forgé leurs premières compétences. Je pense par exemple à un étudiant de l’ENITA* qui dispose d’une réelle expertise pour devenir conseiller auprès de viticulteurs.

Le DU Passerelle est conçu pour des publics qui ne penseraient pas spontanément avoir accès à la banque. Nous allons faire de la publicité pour cette formule… Comment ?

La faculté dispose d’un service de communication mais nous allons plus loin : nous nous rendons dans les forums et dans les amphis, au plus près des étudiants. La journée de l’alternance a rencontré un grand succès l’an dernier, tant à Pau qu’à Bordeaux. Si l’on explique bien les métiers, ça marche. Il faut que les jeunes identifient les formations vraiment professionnalisantes et diplômantes.

* Ecole Nationale d’Ingénieurs des Travaux Agricoles

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